Vers une réforme des paroisses dans notre diocèse de Luçon

Pendant l’Avent 2019, Monseigneur Jacolin a présenté sa lettre pastorale : « Ensemble pour un nouvel élan missionnaire de nos paroisses ». Lettre qui lui permet d’exprimer son souci pastoral pour l’avenir de notre diocèse : « la fructueuse réforme des paroisses initiée par Mgr François Garnier arrive à ses limites et nous devons envisager une nouvelle étape dans le regroupement des paroisses ». Mgr Jacolin affirme notamment la conviction que « la paroisse n’est pas une instance dépassée », mais reste « apte à être le principal lieu de l’évangélisation dans notre monde », la conviction aussi que les paroisses ont « la capacité de se renouveler et de s’adapter aux conditions d’aujourd’hui pour un nouvel élan missionnaire auprès de tous les âges et de tous les milieux ». Cette lettre s’inscrit dans une dynamique mondiale au sein de l’Eglise catholique puisqu’une lettre de la Congrégation pour le Clergé sur « la conversion pastorale de la communauté paroissiale au service de la mission évangélisatrice de l’Eglise » est sortie cet été. Elle déploie la vision du Pape François et précise la réforme de Monseigneur François Jacolin. Car pour les deux, la réforme d’une structure n’a de sens qu’au regard de la mission. Dès le début de sa vie publique, Jésus, qui s’est défini comme « celui que le Père a envoyé » (Jn 10, 36 ; cf. Jn 3, 16-17), a fait en sorte que l’Eglise soit envoyée comme lui : il a appelé douze disciples « pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle » (Mc 3,14) et les a appelés « apôtres », ce qui signifie « envoyés ». Enfin, juste avant de s’élever au Ciel, il leur a donné son dernier commandement : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 19-20). L’Eglise cesserait d’exister si elle n’était pas missionnaire. Pourtant, dans un certain nombre de communautés chrétiennes, la pratique de la foi consiste surtout à vivre ensemble et à recevoir les sacrements. Certains ont tendance à réduire la mission à l’envoi au loin de prêtres et de religieuses. D’autres considèrent qu’elle est l’affaire du curé de la paroisse et de quelques laïcs qui donnent de leur temps. Il leur suffit que la messe dominicale soit assurée, que leurs enfants aillent au catéchisme, que les baptêmes, les mariages et les obsèques soient célébrés quand ils le demandent. Ils ont cantonné leur foi dans la sphère de leur vie privée et dans quelques pratiques sacramentelles. Or, le Pape François ne cesse de rappeler que l’annonce de la foi est une exigence inscrite dans la grâce du baptême et que chaque baptisé, chaque participant de l’Eucharistie doit devenir acteur de l’annonce du Christ à ceux qui l’entourent. C’est donc dans cette dynamique missionnaire des deux « François » qu’une équipe de pilotage s’est constituée dans notre doyenné de Montaigu, comme dans les 6 autres doyennés du diocèse. Avec l’aide du vicaire épiscopal de zone (le père François BIDAUD), nous suivons pas à pas les étapes proposées par le Conseil épiscopal. Nous avons vécu un premier temps de collecte de données démographiques, économiques et ecclésiales qui ont révélé le dynamisme de notre doyenné qui, au delà de ses pauvretés, témoigne de réalités missionnaires prometteuses. Nous allons vivre maintenant un temps de consultation auprès des conseils de paroisse et des équipes d’animations des communautés chrétiennes de proximité pour savoir s’il est souhaitable de modifier ou non nos paroisses. Que cette réforme soit pour chacun l’occasion de reconnaître le rôle central de l’Esprit Saint qui permet de faire de chaque paroisse un reflet du mystère de l’Eglise.

Père François Roullière Doyen de Montaigu